Centrale photovoltaïque : voici les 10 départements français les plus ensoleillés

Pour produire beaucoup d’électricité solaire, mieux vaut évidemment disposer de soleil. Mais où trouve-t-on réellement le plus d’ensoleillement en France ? Les données disponibles pour 2025…

Pour produire beaucoup d’électricité solaire, mieux vaut évidemment disposer de soleil. Mais où trouve-t-on réellement le plus d’ensoleillement en France ? Les données disponibles pour 2025 montrent une très nette domination de la Corse et du pourtour méditerranéen.

Cette géographie pourrait laisser penser qu’une centrale photovoltaïque doit nécessairement être construite dans le Sud. En réalité, l’équation est beaucoup plus complexe : irradiation solaire, disponibilité du foncier, raccordement au réseau électrique, relief et réglementation peuvent complètement modifier l’intérêt économique d’un emplacement.

Et l’enjeu prend de l’ampleur : la France comptait 31,3 GW de puissance photovoltaïque raccordée fin 2025, après l'installation de 6,1 GW supplémentaires sur la seule année. La production solaire a atteint 37 TWh en 2025, soit 46 % de plus qu’en 2024.

Les 10 départements les plus ensoleillés de France

Pour établir ce classement, nous utilisons les estimations d'ensoleillement de l'année 2025 réalisées à partir des bulletins climatiques publics de Météo-France et de plus d'une centaine de stations météorologiques.

Classement 2025 (heures d'ensoleillement)
  1.  Corse-du-Sud : 2 967 h
  2. Bouches-du-Rhône : 2 825 h
  3. Alpes-Maritimes : 2 802 h
  4. Var : 2 720 h
  5. Haute-Corse : 2 715 h
  6. Vaucluse : 2 697 h
  7. Alpes-de-Haute-Provence : 2 672 h
  8. Gard : 2 627 h
  9. Hérault : 2 569 h
  10. Pyrénées-Orientales : 2 525 h

La concentration géographique est spectaculaire : l'ensemble du Top 10 appartient à la Corse, à Provence-Alpes-Côte d'Azur ou à l'Occitanie.

La Corse-du-Sud dépasse les 2 900 heures de soleil

Avec 2 967 heures d'ensoleillement enregistrées en 2025, la Corse-du-Sud arrive en tête. Cela représente plus de huit heures de soleil par jour en moyenne si l'on rapporte simplement le total annuel à 365 jours.

Mais attention : un classement établi sur une seule année ne doit pas être confondu avec une normale climatique. En 2024, la Corse-du-Sud avait par exemple enregistré environ 2 855 heures d'ensoleillement.

Pour décider de l'implantation d'une installation destinée à fonctionner pendant plusieurs décennies, il faut donc étudier des séries météorologiques longues.

Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes : le grand triangle solaire français

La Provence arrive logiquement en force.

Les Bouches-du-Rhône ont bénéficié de 2 825 heures de soleil en 2025, devant les Alpes-Maritimes avec 2 802 heures et le Var avec 2 720 heures.

Le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence suivent également avec respectivement 2 697 et 2 672 heures.

À première vue, cette région apparaît comme le terrain idéal pour multiplier les centrales photovoltaïques. Pourtant, une carte des installations solaires françaises ne se superpose pas exactement à celle de l'ensoleillement.

Fin 2025, Provence-Alpes-Côte d'Azur disposait d'environ 2 869 MW de puissance photovoltaïque raccordée. La Nouvelle-Aquitaine, pourtant globalement moins ensoleillée, atteignait déjà 6 881 MW, soit plus du double. L'Occitanie comptait de son côté 5 179 MW.

C'est la démonstration qu'un projet photovoltaïque ne se résume pas au nombre d'heures pendant lesquelles le soleil brille.

Heures de soleil et production photovoltaïque : attention à la confusion

C'est probablement le point le plus important.

Une heure d'ensoleillement n'est pas une unité d'énergie solaire.

Pour étudier la rentabilité d'une centrale, les professionnels s'intéressent davantage à l'irradiation solaire, généralement exprimée en kilowattheures par mètre carré (kWh/m²).

Deux endroits affichant un nombre d'heures de soleil assez proche peuvent recevoir des quantités différentes d'énergie.

Il faut également prendre en compte :

  • l'orientation et l'inclinaison des panneaux ;
  • les ombres créées par le relief ou les bâtiments ;
  • les températures ;
  • le type de modules photovoltaïques ;
  • les pertes électriques ;
  • l'altitude ;
  • la disponibilité du réseau électrique.

L'outil européen PVGIS, développé par le Joint Research Centre de la Commission européenne, permet justement d'estimer l'irradiation solaire et la production d'une installation photovoltaïque pour une localisation précise. Ses bases utilisent notamment des observations satellitaires sur plusieurs années.

Pour une usine ou une grande centrale solaire, c'est donc une analyse de ce type qui est pertinente, et non le simple classement annuel des villes ou départements les plus ensoleillés.

Le département le plus ensoleillé n'est donc pas forcément le meilleur investissement

Imaginons deux terrains.

Le premier se trouve dans un département méditerranéen extrêmement ensoleillé, mais à plusieurs dizaines de kilomètres d'un poste électrique capable d'accueillir la production.

Le second se situe dans une région légèrement moins favorisée par le soleil, mais sur une ancienne friche industrielle proche du réseau électrique.

Le deuxième projet peut parfaitement présenter une meilleure rentabilité.

Le prix et la disponibilité du terrain jouent également un rôle considérable. Dans les Alpes-Maritimes ou certaines zones du littoral méditerranéen, la densité de population, le relief et la valeur du foncier réduisent les surfaces facilement mobilisables.

À l'inverse, de grandes surfaces agricoles, des friches industrielles ou certains terrains artificialisés peuvent permettre le développement de projets beaucoup plus importants dans d'autres régions.

Les friches industrielles deviennent particulièrement stratégiques

La politique énergétique française cherche justement à privilégier les surfaces déjà artificialisées.

Une étude menée pour l'État avec l'ADEME, le Cerema et Tecsol avait notamment identifié 843 friches industrielles et urbaines susceptibles d'accueillir des centrales photovoltaïques.

La loi relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables de mars 2023 encourage également l'utilisation de terrains déjà artificialisés, des abords d'infrastructures ou encore des parkings.

Cela change profondément la logique d'implantation.

Demain, le meilleur emplacement photovoltaïque français pourrait donc ne pas être simplement « l'endroit où il y a le plus de soleil », mais celui qui réunit simultanément :

beaucoup d'énergie solaire + du foncier disponible + un raccordement électrique accessible + peu de contraintes environnementales.

Un parking industriel peut également devenir une centrale solaire

Autre gisement considérable : les parkings.

La réglementation française prévoit notamment des obligations d'installation d'ombrières produisant de l'énergie renouvelable pour certains grands parcs de stationnement extérieurs.

Les parkings de plus de 1 500 m² sont particulièrement concernés par les dispositions issues de la loi APER, avec une couverture pouvant porter sur au moins la moitié de leur superficie, sous réserve des exemptions prévues par les textes.

Pour une entreprise installée dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Gard ou l'Hérault, disposer d'un grand parking peut ainsi représenter un véritable actif énergétique.

Alors, où installer une centrale photovoltaïque en France ?

Si l'on regarde uniquement le soleil, la Corse-du-Sud, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, le Var et la Haute-Corse constituent le Top 5 français en 2025.

Mais pour un investisseur, ce classement n'est qu'un premier filtre.

La véritable étude devrait croiser au minimum :

CritèrePourquoi il compteIrradiation solaireDétermine le potentiel énergétique réelSurface disponibleConditionne la puissance installablePrix du foncierInfluence fortement le coût du projetDistance au réseauPeut faire exploser le coût du raccordementTopographieInfluence les travaux et l'installationRéglementationPeut autoriser ou bloquer le projetContraintes environnementalesPeuvent limiter les surfaces utilisablesProduction estiméePermet d'évaluer les recettes futures

C'est précisément ce qui explique pourquoi la Nouvelle-Aquitaine est aujourd'hui davantage équipée en photovoltaïque que Provence-Alpes-Côte d'Azur, malgré un ensoleillement généralement inférieur.

Le soleil compte énormément. Mais dans le business photovoltaïque, le meilleur terrain n'est pas nécessairement celui qui voit le plus souvent le ciel bleu.

À retenir

En 2025, la Corse-du-Sud arrive en tête du classement avec près de 3 000 heures de soleil, devant les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Mais cette donnée météorologique ne suffit pas à déterminer la rentabilité d'une centrale photovoltaïque.

Pour comparer réellement deux implantations, il faut surtout analyser leur irradiation solaire sur plusieurs années, leur potentiel de production, le foncier disponible et les possibilités de raccordement au réseau.

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